r La Provence (31/01/00)

Massif des calanques :
vers une gestion sans querelles

A quelques jours du premier conseil d’administration du Gip-calanques, un coloque organisé par UCL sur l’avenir du massif s’est tenu à Luminy. Réservé aux associations, avec quelques politiques dans la salle.

  Des pins accrochés aux falaises blanches, des collines couvertes de thym et de romarin avec, au fond, Riou, posé sur la mer bleue, ce sont les images vues cent fois mais qui suscitent toujours autant d’émotion. Le cours diaporama présenté par François Labande, président de “Moutain Wilderness”, en préambule au colloque organisé à l’école d’architecture de Luminy par cette association de protection des espaces sauvages, en collaboration avec Union-Calanque-littoral, a produit son effet.

  Applaudissement sur la dernière image et petit frisson dans l’amphitéâtre. C’est tout de même un site exceptionnel qui a résisté à la poussée du bitume et du béton dans la banlieu d’une agglomération de plus d’un million d’habitants : les calanques !

  Les calanques sont à un tournant de leur longue histoire. C’est ce qu’on rappelé les divers intervenants. Si on se limite à l’histoire récente, , cela fait bien cinquante ans, comme l’a indiqué M Manche, ancien directeur du parc national de Port-Cros, qu’on a cherché, avec plus ou moins de conviction, une structure cohérente pour gérer le massif et le préserver de la pression démographique et urbaine.

Un seul massif à valoriser

  Mais jamais au cours de ces décennies, par manque de volonté politique, par désintérêt, à cause des rivalités entre les gestionnaires du massif et entre ses usagers eux-mêmes, une solution n’a pu aboutir. On n’a même failli ne pas échapper au pire. Henri Augier, président d’UCL, a opportunément rappelé qu’il y a huit ans, un projet de révision du Pos de la municipalité de Vigouroux, “hors la loi sur la protection des sites et des espèces protégées”, a provoqué une forte mobilisation de la population. Mais cette, fois on y est.

  Le Groupement d’intérêt public des calanques existe et si le dialogue s’instaure entre les partenaires, il doit aboutir à terme, à un parc national
Falaises blanches, mer bleue, des images vues et revues, mais dont on ne se lasse pas. ici Sugiton, la plus fréquentée des calanques, mais qui a su résister…

  Un groupement d’intérêt public est une structure juridique qui permet d’associer des organisme publics et privés. jusqu’en 1995, cette structure ne pouvait être utilisé que pour des activités concernant la recherche et la technologie. La loi Barnier l’a élargieà la protection de la nature.
  “Le Gip-calanque était devenu nécéssaire pour gérer les espaces et les usagers très divers du massif. Le but est d’assurer la gestion de tous les jours d’un milieu beau et menacé, explique M Manche. L’Etat a demandé la création du Gip, les collectivit és, les institutions, les associations, les usagers s’y associent. C’est la première pièce d’une structure qui doit apprendre à ces gens à travailler ensemble vers un même but : la gestion saine et cohérente du massi, et au bout, un parc national des calanques. Et comme chacun - propriétaires, usagers, politiques, présidents d’associations, etc -s’est longtemps cru porteur d’une “vérité” sur les calanques, faire travailler tous ces gens ensemble n’est pas forcement facile. Il n’y a pas les calanques des randonneurs et celles des chasseurs, mais un seul massif qu’il faut à la fois valoriser et protéger. Dans le futur parc national, quand il verra le jour, on pourra sûrement marcher et chasser. C’est le cas dans le parc national des Cévennes, mais pas n’importe comment, dans certaines conditions. “C’est la contradiction stimulante d’un parc national”dit Mme Jansen, directrice- adjointe de Port-Cros, être à la fois au service du site et de ceux qui vivent à l’intérieur ou à sa périphérie”

Didier LEVREAU

© La Provence - 31/01/00

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